Thomas d'Ansembourg est un psychothérapeute belge. Au début de sa carrière, il a exercé la profession d’avocat et a travaillé dans une entreprise internationale comme conseiller juridique. Parallèlement il s’est engagé en tant que responsable-animateur bénévole d’une association d'aide aux jeunes connaissant des problèmes de délinquance, violence, prostitution ou dépendances d'autre nature. 
Cette double approche, juridique et sociale, l'a amené à s'impliquer dans la gestion des conflits et la recherche de sens.
 Formé au processus de "Communication NonViolente", inventé par Marshall B. Rosenberg, il devient lui-même formateur certifié de la CNV et en devient un des principaux ambassadeurs francophones.


Le livre audio "Cessez d'être gentil, soyez vrai !" est un résumé du livre du même nom. C'est l'auteur lui-même qui parle, ce qui est particulièrement agréable grâce au charisme naturel de Thomas d'Ansembourg.


Thomas d'Ansembourg explique tout d'abord comment nous sommes tous conditionnés par notre éducation et par des mécanismes qui nous conduisent à être méchants et violents vis-à-vis de nous-mêmes et des autres. Il décrit notamment comment les injonctions, que nous avons entendues pendant notre enfance, sont devenues autant de règles à respecter si on veut être aimé (exemple : "Tu peux ranger ta chambre" a été encodé sous la forme de "Je t'aime si tu ranges ta chambre"). Ce conditionnement induit alors plusieurs pièges :

  1. La croyance d'être aimé pour ce qu'on fait, et non pas pour ce qu'on est
  2. La croyance que la sécurité affective est dans le regard de l'autre
  3. La croyance que nous devons être conformes à une norme au détriment de notre différence
  4. La difficulté à pouvoir dire "Non" (avec bienveillance)
  5. La difficulté à être à l'aise avec nos sentiments et nos émotions, et ceux des autres, surtout les plus difficiles à vivre (colère, peur, tristesse...)


Il s'agit alors d'apprendre à vivre nos frustrations (inévitables). La plupart du temps, nous avons tendance à nous écraser dans une gentillesse de complaisance en disant que tout va bien même quand ça va mal. Mais, ce qui ne s'exprime pas, se réprime et finit par mener à la déprime.


Thomas d'Ansembourg se propose alors de nous donner les clefs pour sortir du piège lorsque nous tombons dedans.


Tout d'abord, l'auteur explique que c'est d'abord dans la tête que ça se passe. On commence en effet par essayer de comprendre ce qui se passe (exemple : "Va réfléchir dans ta chambre et reviens quand tu auras compris/seras calmé(e)"). Au fil du temps, nous finissons par nous couper de nos sentiments et de nos émotions et de faire ce que les autres attendent de nous.


Thomas d'Ansembourg insiste ensuite sur le fait que les sentiments sont importants car ils nous renseignent sur une situation (tels les signaux sur le tableau de bord d'une voiture). Ainsi, un sentiment agréable exprime un besoin comblé alors qu'un sentiment désagréable nous indique qu'un besoin n'est pas comblé. Malheureusement, dans ce dernier cas, nous avons souvent le réflexe de chercher un responsable plutôt que de chercher la réponse en nous-mêmes. De fait, ce qui est négatif dans une émotion désagréable n'est pas le fait de la ressentir, mais c'est ce que nous en faisons.


L'auteur poursuit en indiquant que nous sommes aussi coupés de nos besoins et que nous sommes plutôt à l'écoute des besoins des autres. Le problème est qu'il nous est difficile de comprendre les besoins des autres si nous ne sommes pas capables d'écouter nos propres besoins. Comment faire des demandes claires et concrètes pour répondre à nos propres besoins si nous n'en prenons pas conscience ? Nous avons alors tendance à accuser les autres de ne pas comprendre nos besoins et donc de répondre à nos demandes implicites (exemples : "Tu ne m'écoutes pas", "Tu ne t'occupes pas de moi").


Thomas d'Ansembourg propose alors d'apprendre à exprimer ses sentiments, ses besoins et des demandes, mais aussi à bien écouter l'autre. Cette méthode s'avère particulièrement utile pour gérer des conflits par la rencontre, plutôt que l'agressivité, la soumission ou la fuite.


L'auteur poursuit en listant les pièges générateurs de conflit et en donnant des conseils pour les contourner :

  1. Les jugements : Nous avons tendance à juger l'autre hâtivement (son attitude, son comportement) sur la base du peu d'informations que nous avons de lui.
  2. Les croyances : Nous avons l'habitude de fonctionner avec des croyances limitantes, qui nous encombrent et filtrent notre réalité, visant à préserver (à tort) notre besoin de sécurité.
  3. Les pensées binaires : Nous pensons de façon binaire et divisante (oui/non, vrai/faux, bien/mal, j'ai raison/tu as tort) en mettant ainsi les choses en opposition.
  4. Le langage déresponsabilisant : Nous adoptons régulièrement un langage déresponsabilisant (exemples : "Il faut...", "Tu dois...") en déléguant ainsi à autrui la responsabilité de notre bonheur plutôt que d'accepter de gérer nous-mêmes les contraintes de notre vie.


Thomas d'Ansembourg propose alors de ne pas se cantonner à notre propre réalité, en jugeant celle des autres, mais, au contraire, d'accorder plus d'attention à nos relations en offrant plus d'ouverture à nos besoins et à ceux des autres. Cela ne signifie pas qu'il faut être systématiquement d'accord avec l'autre, mais simplement d'accueillir sa réalité pour pouvoir mieux communiquer avec lui. Il donne plusieurs exemples issus de son action auprès des jeunes délinquants et de son expérience en tant que thérapeute.


Thomas d'Ansembourg finit en faisant le rêve que la "Communication NonViolente" soit enseignée à l'école, dès le plus jeune âge. Ainsi, nous pourrions non seulement apprendre à dire les choses sans entrer dans le conflit, mais surtout apprendre à écouter les autres. En réalisant ce rêve, il espère que la violence, l'injustice et les conflits puissent diminuer, voire disparaitre, de notre quotidien.

Thomas d'Ansembourg conclut son livre audio en assurant que nous sommes naturellement bienveillants et que la violence nait de la frustration de manquer de cette bienveillance.